Pourquoi Contre Culture? Un incipit.

Contre-Culture est né d’une observation très simple : les français détestent les journalistes et les Hommes politiques : je veux devenir journaliste et j’étudie à Sciences Po. Trois options s’offrent alors à moi : me reconvertir en trapéziste, devenir journaliste et fermer les yeux, devenir journaliste et les ouvrir. J’ai trouvé ça plus pratique, pour décrire le monde, de le voir.

Premièrement il me semble que la critique des sphères médiatiques et politiques doit venir de l’intérieur et la réforme, elle, de la jeune génération. C’est d’ailleurs parce que je nourris un amour éternel envers ce métier que je ne peux me résigner à laisser sa critique à d’autres. Faire du journalisme oui, mais tenter de le faire différemment.

Contre-Culture c’est aussi cette impression d’évoluer dans un milieu qui, car homogène culturellement et socio-économiquement, ne souligne qu’avec trop de cruauté mes propres dissonances. Quelque part nichée entre mon amour des drag queen et de Jean-Pierre Chevènement, entre les différents milieux que je côtoie et les strates d’identités qui me constituent, il y a une tension. Contre-Culture c’est en quelque sorte la tentative de transformer les tensions et les névroses de l’individu moderne en quelque chose de plus grand, quelque chose qui le dépasse. Je ne veux pas parler de moi pour parler de moi, si j’écris de la sorte c’est certainement parce que j’ai l’arrogance de croire qu’en me racontant je peux raconter une partie de l’époque.

Voici mes cinq règles :

Dire d’où l’on parle.

La prophétie selon laquelle le journalisme serait le medium par lequel transite une reproduction objective du réel me paraît ridicule. Du choix des mots aux sujets traités le journalisme français est intrinsèquement éditorialisé. Transmettre le monde par les mots c’est forcément se le représenter, le construire et le retransmettre dans une forme qui sera autre chose qu’un simple miroir du réel. C’est donc dans la pluralité des médias et des opinions, car la subjectivité ne doit bien entendue pas être monopolistique, que naît réellement la substance même de ce qu’est le journalisme. Il m’apparaît néanmoins que cette pluralité, bien qu’en apparence respectée, n’est aujourd’hui qu’un écran de fumée. Les deux conditions d’opérabilité du journalisme sont donc, pour moi, sa pluralité ainsi qu’une forme d’honnêteté intellectuelle que les journalistes devraient avoir la bienveillance de mobiliser afin d’expliquer à leurs lecteurs d’où ils parlent. Affections partisanes et affiliations au pouvoir mériteraient d’être plus visibles qu’elles ne le sont actuellement pour que chacun puisse éclairer à la lumière de cette connaissance nouvelle les écrits de nos éternels journaleux.

Penser contre soi.

Celui qui dit d’où il parle doit bien entendu avoir une connaissance et une conscience de qui il est. Savoir se représenter ses propres limites, envisager ses déterminismes et ses marottes sont autant de manières que peut avoir un journaliste d’opérer un raffinement intellectuel. Penser contre soi est une activité certes psychologiquement éreintante mais elle permet une stimulation intellectuelle et une consolidation de la pensée incomparables.

Penser contre l’époque.

Celui qui sait écouter son époque doit pouvoir se tenir à distance des éléments de langage, des poncifs intellectuels et des vérités mécaniques. Être suspicieux de ce que l’on considère à un moment donné dans une société donnée comme étant une vérité peut se révéler fort utile pour qui veut comprendre les ressorts politiques, philosophiques ou économiques d’une société.

Penser contre le journalisme.

Il est intéressant de noter que les citoyens ont commencé à penser contre le journalisme avant les journalistes eux-mêmes. Il y a pourtant là matière à construire de nouveaux horizons en terme de financement, de rapport au temps médiatique ou à la connaissance.

Considérer le savoir comme autre chose qu’une marchandise.

J’ai la chance d’étudier dans une école où des professeurs me livrent quotidiennement le monde dans des formes intelligibles. Il m’apparaît néanmoins que ce savoir est produit, transmis, transformé, critiqué dans les mêmes sphères. Là où persiste l’homogénéité je veux de la perméabilité. Là où persistent les univers policés, en somme, je veux de la vulgarité.

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